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Semaine sainte en Asie : autour de la mémoire des martyrs du Cambodge

Publié le 01/04/2026

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Semaine sainte en Asie : autour de la mémoire des martyrs du Cambodge

 

Fête des Rameaux de 1972 au monastère de Kep (Cambodge). Propriété des documents : abbaye de La-Pierre-Qui-Vire.

Trois ans avant l’installation du régime Khmer rouge à Phom Penh (avril 1975), le monastère bénédictin de Kep, au Sud du Cambodge, célébrait les Rameaux avec sa communauté monastique et paroissiale. Ce monastère fondé par les Bénédictins français de La-Pierre-Qui-Vire en 1952 avait pour mission « d’accoutumer le monachisme chrétien en pays khmer ».  Au moment de sa destruction en 1975, il comptait une trentaine de moines et postulants de nationalité khmère, vietnamienne, chinoise et française (dont le serviteur de Dieu Jean Badré).

Ces images de la fête des Rameaux de 1972 au monastère cambodgien de Kep invitent au souvenir des martyrs du régime des Khmers rouges. En effet, le mercredi 18 mars 2026 s’est officiellement clôturée la phase diocésaine de l’enquête ouverte il y a dix ans en vue de la béatification de Mgr Joseph Chhmar Salas et de 11 autres martyrs de l’Eglise du Cambodge :P. Joseph Chhmar Salem, prêtre diocésain ; P. Marcel Truong Sang Samronh, prêtre diocésain ; P. Pierre Rapin, prêtre MEP ; Fr. Charles Jean Badré, religieux de l’Ordre de Saint-Benoît ; Fr. Damien Dang Ngocan, religieux de la Sainte Famille de Banam ; Sœur Jaqueline Kim Song, religieuse de la Providence de Portieux ; Sœur Lydie Non Savan, religieuse de la Providence de Portieux ; Joseph Sam KImsan, laïc ; Pierre Chhum Somchay, laïc ; Joseph Thing, laïc ; Joseph Ross En, laïc.

Mgr Salas est la tête de liste. Séjournant en France jusqu’en mars 1975 pour étudier, Mgr Salas retourne au Cambodge et est ordonné évêque par Mgr Ramousse le 14 avril 1975, quelques jours avant l’expulsion des étrangers et interdiction des pratiques religieuses. Il reste au Cambodge afin de garantir la continuité de l’Eglise, malgré l’interdiction, et en sachant qu’il allait mourir. Devenu Vicaire apostolique de Phnom Penh en 1976, il meurt dans les camps de travail khmer rouge en 1977. On peut également évoquer l’histoire du Père MEP Pierre Rapin qui décide de ne pas quitter le Cambodge pour rester auprès de ses paroissiens (résidant en zone de contrôle Vietminh et Khmer rouge) et décède en février 1972 des suites de blessures causées par l’explosion d’une bombe placée par les Khmers rouges sous sa maison.

Pour ADextra, le P. Chrétienne, qui a dirigé la commission pendant trois ans, partage également les difficultés rencontrées durant cette enquête, notamment liées à la faible quantité de sources existantes, en raison de leur destruction par les Khmers rouges. Cet événement souligne l’importance de la conservation d’archives et rappelle l’une des vocations de l’IRFA qui est de rendre disponible des documents afin d’éclairer les enquêtes liées à des causes en béatification et canonisations.

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