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L’Institut de recherche France-Asie

Créé en 2019 par les Missions Étrangères de Paris (MEP), l’Institut de recherche France-Asie est en charge du patrimoine historique exceptionnel dont a hérité cette société de prêtres catholiques. Il a pour mission de le préserver, de le faire vivre et de le mettre à la disposition de tous les passionnés de l’Asie.

L’action de l’IRFA se situe dans la continuité du travail effectué sur cet héritage depuis 360 ans, par une lignée ininterrompue d’archivistes, d’historiens et de chercheurs en toutes spécialités, qui l’ont classé, conservé et étudié.

Les 4300 membres que comptent les Missions Étrangères de Paris depuis leur création en 1658 ont été présents à travers toute l’Asie, d’abord au Siam et au Tonkin (XVIIe siècle), puis au sud de l’Inde et en Chine de l’ouest (XVIIIe siècle), avant de se déployer au XIXe siècle dans toute l’Asie du Sud-Est, en Mandchourie, au Tibet, en Corée et au Japon.

Les collections qu’ils ont léguées à l’IRFA sont constituées des documents produits dans le cadre de leurs travaux missiologiques et scientifiques ainsi que de dons et d’achats d’éléments issus des patrimoines asiatiques.

Les missionnaires étant appelés à établir une distance avec leur propre univers pour assimiler celui des populations rencontrées, les ressources qu’ils nous laissent constituent des témoins exceptionnels des échanges de cultures, de savoirs, de techniques et d’influences qui ont relié la France et l’Asie depuis le XVIIe siècle. Elles sont sources de connaissance sur les religions, sur l’inculturation du christianisme, sur les enjeux politiques transnationaux tout autant que locaux, sur les peuples d’Asie, leurs langues et leurs histoires.

À l’IRFA, le chercheur venu d’Europe, d’Asie ou d’ailleurs, pourra puiser dans les archives des perspectives décentrées et, ainsi, mieux appréhender les mondes métissés qui se dévoileront à lui.

Préserver

  • 800 mètres linéaires d’archives, en français, latin et dans une trentaine de langues asiatiques
  • 20 000 ouvrages en français, chinois, japonais, vietnamien… centrés sur le christianisme asiatique et sur les échanges de savoirs et de pratiques entre la France et l’Asie
  • 280 imprimés en langues des ethnies du Centre-Vietnam
  • 1600 cartes et plans, manuscrits et imprimés
  • 150 manuscrits asiatiques en pali, birman, tibétain, sanscrit
  • 800 plaques de verres photographiques
  • 250 000 tirages
  • 10 000 diapositives
  • 450 enregistrements sonores et 60 heures de films
  • et bien d’autres collections à découvrir…

La première mission de l’IRFA est de garantir la pérennité des fonds documentaires dont il a la charge. Dotée des savoir-faire professionnels nécessaires aux impératifs d’une bonne conservation, l’équipe se déploie sur plusieurs pôles :

  • Conservation préventive :

Au sein des réserves dédiées aux archives, livres et photographies, nous nous assurons que chaque document soit conservé dans un conditionnement approprié, au sein d’un environnement climatique favorable à sa longévité et soit manipulé avec toutes les précautions nécessaires.

  • Numérisation :

Les documents dont la pérennité est la plus menacée ou ceux fragilisés par des manipulations fréquentes font l’objet d’une numérisation systématique grâce aux deux scanners spécialisés dont nous sommes dotés. Les images ainsi produites sont elles-mêmes conservées en suivant les préconisations techniques les plus récentes.

  • Restauration :

En cas d’urgence face à la dégradation rapide d’un document, l’IRFA fait appel à des conservateurs-restaurateurs, dont certains spécialisés dans les papiers asiatiques ou les photographies. Selon les cas, ils stabilisent l’état d’un document, permettent sa meilleure lisibilité ou remettent en valeur ses propriétés esthétiques, dans le respect des principes d’intégrité historique et de réversibilité. Les chantiers de restauration font l’objet de dossiers de documentation, permettant de garder en mémoire toutes les interventions qu’un document a pu subir.

Étudier

L’IRFA a pour principal objet d’accueillir et de guider tous ceux qui viendront trouver dans ses collections les ressources nécessaires à leurs recherches, qu’il s’agisse de sciences humaines, religieuses, de généalogie, de sciences naturelles, de linguistique, de cartographie…

Dans ce but, nous proposons plusieurs services :

  • Consultation :

Nos collections peuvent être consultées, gratuitement et sur rendez-vous, dans notre salle de lecture à Paris. Aux archives, le chercheur s’orientera à l’aide des inventaires que nous élaborons, dont certains sont en ligne. Un catalogue de la bibliothèque est accessible en ligne pour préparer sa recherche à l’avance.

Pour des demandes ponctuelles, un service d’envoi de documents numérisés est aussi disponible.

  • Ressources en ligne :

Notre site met à la disposition de notre public international des ressources consultables gratuitement : notices biographiques, bibliographies, articles, catalogues, cartes et photographies issues de nos collections.

  • Soutien à la recherche :

L’IRFA prévoit pour l’année 2022 le lancement de prix de recherche en vue d’aider les jeunes chercheurs dont les travaux auront permis des avancées dans la connaissance des liens transnationaux entre l’Asie et la France, du XVIIe au XXe siècles, dans les domaines du religieux, du culturel et du politique.

Un jury constitué de personnalités universitaires attribuera les prix après étude des candidatures reçues.

  • Publications :

À l’avenir, l’IRFA souhaite offrir des facilités d’édition aux chercheurs qui ont exploité ses ressources. Les modalités sont encore à définir.

  • Expositions :

Le patrimoine conservé à l’IRFA a pour vocation d’être vu et connu du plus grand nombre. Une exposition permanente, dans la Salle des Martyrs des Missions Étrangères de Paris, en dévoile quelques pièces, ainsi que des évènements ponctuels organisés à Paris.

L’IRFA peut également prêter certains éléments de ses collections à d’autres institutions muséales, dans le cadre d’expositions temporaires.

  • Partenariats :

L’IRFA tisse des liens avec d’autres institutions dédiées à la connaissance de l’Asie, pour se faire connaître auprès des chercheurs et mener en partenariat des projets évènementiels ou éditoriaux.

Enrichir

Le patrimoine de l’IRFA est celui d’une institution vivante puisque les Missions Étrangères de Paris sont toujours présentes en Asie et dans l’océan Indien par le biais d’activités religieuses, humanitaires et culturelles portées par 180 prêtres.

Chaque année, nos collections s’enrichissent par la collecte des éléments produits en mission, qu’il s’agisse de documents et de photographies numériques, d’objets de la vie quotidienne asiatique, de travaux de recherches élaborés par les membres des MEP…

 

L’IRFA déploie en outre une politique d’acquisitions :

  • nous accueillons, sous forme de don ou de dépôt temporaire, toute pièce associée à notre histoire missionnaire. Nous garantissons aux documents qui nous sont confiés la meilleure conservation possible et la mise à la disposition des chercheurs selon le cadre défini avec le donateur ou le dépositaire.
  • nous effectuons des achats ponctuels, sur le marché des arts, de l’artisanat et des manuscrits, en France ou en Asie, en vue de construire le patrimoine de demain.

Paroles de chercheurs

Certains missionnaires étaient également de grands naturalistes. Le Muséum s’est notamment appuyé sur un réseau de correspondants en Chine pour accroître ses collections. Les archives de l’IRFA constituent une mine d’information pour documenter ces échanges.

Cécile Callou, enseignant-chercheur (Muséum national d'Histoire naturelle, Paris)

Se rendre à l’IRFA, c’est déjà avoir un pied en Asie. Mes recherches sur l’architecture des églises missionnaires en Chine ont grandement bénéficié des pépites que recèlent ses archives, son iconothèque et sa bibliothèque asiatique. J’y ai trouvé des lettres de missionnaires bâtisseurs, des photos de chantiers de construction et des éditions rares.

Thomas Coomans, professeur d'histoire de l'architecture et de conservation du patrimoine (KU Leuven)

Pendant que je préparais ma thèse sur Paul Claudel et le monde missionnaire, j’ai fréquenté les archives pour y chercher les documents concernant les missions au Japon dans les années 1920. (…) J’ai pu y trouver plusieurs documents qui éclaircissent les pensées de Claudel, poète catholique et alors ambassadeur au Japon, sur l’évangélisation dans les pays d’Extrême-Orient.

Moi Yoshida-Uesugi, maître de conférences (Université Tôyô, Tokyo)

Au-delà d’une riche documentation historique accumulée au cours des siècles, tant en langues européennes qu’asiatiques, l’IRFA possède l’un des fonds d’archives les mieux inventoriés et, ce faisant, l’un des plus agréables qu’il m’a été donné de consulter dans toutes mes recherches menées sur trois continents.

Pierre-Emmanuel Roux, maître de conférence (Université de Paris)

Les descriptions ethnographiques produites par les missionnaires, les récits de leurs excursions et la collection de cartes conservés à l’IRFA ont nourri ma réflexion sur les savoirs géographiques en Asie du Sud-Est.

Marie de Rugy , (Sciences Po/Université de Strasbourg)

Travaillant sur l’histoire du Vietnam à l’époque moderne, les archives conservées à l’IRFA me sont fort précieuses. Au-delà de la perspective purement missionnaire, ce fonds recèle une multitude d’informations concernant les sociétés asiatiques et leurs mutations en interaction avec l’Europe.

Hoang Phuc NGUYEN, étudiant (EPHE, Paris)

Dans le cadre de ma thèse intitulée « La Chine à fleur de peau : anglophones et francophones face aux corps des Chinois (1839-1914) », j’ai pu consulter à l’IRFA les archives des procures, et notamment les comptes des procures, qui regorgent d’informations pratiques sur la logistique des missions, le rôle des courriers chinois, les pratiques alimentaires et vestimentaires des missionnaires.

Clément FABRE, doctorant (Paris I)

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