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Enrichissement des collections japonaises de l’IRFA : présentation d’un don exceptionnel venu des Marianistes

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Un don des Marianistes venu enrichir

nos collections japonaises

 

Au printemps 2025, une douzaine de cartons en provenance de Saint-Hippolyte dans le département du Haut-Rhin sont arrivés rue du Bac à Paris. Il s’agissait de la donation accordée par la Société de Marie aux MEP. Ce don est formé pour partie de documents et objets ayant appartenu au P. Henri Humbertclaude et, pour l’autre, d’éléments ayant servi à présenter le travail de cette congrégation au Japon pour lever des fonds (dans le cadre d’expositions et ventes de charité).

 

Affiche publicitaire pour l’école d’électricité et de mécanique de Tokyo (Irfa-objets 25-B-637)

 

Ce fonds intégralement lié au Japon mais de nature hétéroclite, ayant souffert de conditions de transport et de stockage pas toujours optimales, se répartit par ordre d’importance en objets (vaisselle, statuettes, socques…), photographies (sous album pour la majorité), d’affiches, de travaux d’élèves (dessins, calligraphie, composition écrite en anglais et en français), livres imprimés et de quelques pièces textiles. Les éléments les plus anciens datent de la fin du XIXe siècle, les plus récents des années 1950, mais la plupart sont des années 1920-1930. Ce don essentiel permet de mieux comprendre le fonctionnement du système scolaire au Japon et illustre le quotidien des écoles marianistes au début du 20e siècle.

 

Boîte à gâteaux laquée (Irfa-objets 26-G-041), Inrô miniature (Irfa-objets 25-I-549), Boîte à thé laquée (Irfa-objets 25-I-546), Paires de socques (Irfa-objets 26-G-067).

 

La Société de Marie, fondée en 1817 par le Bx Guillaume-Joseph Chaminade, regroupe des prêtres et des frères qui, en alliance avec la Vierge Marie, œuvrent pour l’éducation chrétienne des jeunes. Elle est particulièrement active dans l’enseignement catholique.

 

Dessin d’un écolier (Irfa-objets 26-A-144-26)

La présence des Marianistes au Japon est due à l’insistance des prêtres des MEP et en particulier de Mgr Osouf qui, dès 1876, leur demandent de s’installer Japon. Dix ans plus tard, leur réponse est enfin favorable et cinq membres de la Société de Marie s’embarquent pour le Japon. Ils fondent une première école en 1888 à Tokyo, Gyosei-gakko, l’Étoile du Matin. D’autres suivront : en 1892 à Nagasaki, Kaisei-gakko, l’Étoile de la Mer ; en 1898 à Osaka, Meisei-gakko, l’Étoile brillante ; en 1942, l’Étoile de la Paix à Fukuoka et l’Étoile lumineuse à Sapporo. Toutes ces écoles, dont celle de Tokyo est encore en activité, deviennent vite très réputées et accueillent l’élite japonaise, qu’elle soit ou non chrétienne.

Quant au Père Henri Humbertclaude (1889-1984), vosgien d’origine, il part au Japon en 1930, comme professeur à l’Étoile du Matin puis à l’université impériale de Tokyo et deviendra vice-provincial des Marianistes du Japon. De retour en Europe, il a des activités à Rome dès 1952, comme enseignant à l’université pontificale urbanienne, ensuite comme secrétaire de Mgr Marella à la nonciature de Paris puis au Secrétariat pour les non-chrétiens (aujourd’hui Dicastère pour le dialogue interreligieux) fondé par le pape Paul VI. Retraité en 1973, il passe deux ans au Japon avant de se retirer définitivement à Saint-Hippolyte, au collège des Marianistes. Auteur de plusieurs travaux principalement sur la mission et les chrétiens au Japon, il a été décoré de l’ordre du Soleil Levant en 1969 et de la médaille Pro Ecclesia et Pontife du Saint-Siège en 1973.

 

Brevet de l’ordre du Soleil levant (Irfa-objets 26-B-176)

 

Si la Société de Marie a parsemé d’«étoiles » le Japon, ce n’est pas uniquement pour la beauté et la poésie du mot mais par ruse ! En effet une école marianiste se doit de porter le nom de la Sainte Vierge ; or, vu le contexte de l’époque, craignant d’être taxée de sectaire qui limiterait le recrutement ou de subir des tracasseries de la part des autorités, elle a choisi ce joli vocable, transparent pour les catholiques.

Casquette d’uniforme d’écolier (Irfa-objets 26-F-129), boîte à déjeuner (bento) en métal (Irfa-objets 25-I-544).

 

Leila Lounici, Irfa.

(Article paru dans la revue Missions étrangères, n°629, octobre 2026, p. 66-68)

 

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