18 janvier 1926-2026 : centenaire du décès de Mgr Emile Devred, évêque MEP de Séoul
Une communauté catholique coréenne sous domination japonaise


Membre de la mission MEP de Séoul à partir de 1899, Emile Devred est d’abord professeur au séminaire de Séoul. Il est ensuite mobilisé en 1914 pour rejoindre les terrains de combat en Champagne, dans une section d’infirmier. Son dévouement dans les hôpitaux militaires lui vaut reconnaissance et décorations. De retour en Corée après 5 ans d’absence, il est rapidement élu évêque coadjuteur de Mgr Mutel à Séoul. Il est sacré le 1e mai 1921. Ses presque six années d’épiscopat se déroulent dans le contexte d’une Corée colonisée depuis deux décennies par le Japon, et traversée de mouvements de résistance contre l’occupant.
Dans un rapport de 1925 dédié à la situation politique de Séoul, Mgr Devred met en lumière la réalité de cette occupation :
« Dans l’espoir chimérique d’assimiler complètement les 18 millions de Coréens, le gouvernement japonais a intensifié sa propagande shintoïste. Par tout le pays se construisent des Jinja ou temples shintoïstes, et par là les autorités japonaises multiplient leurs efforts en vue de faire accepter des Coréens le fameux culte national des héros et des empereurs. Pour amener même les chrétiens à participer aux cérémonies de ce culte, le gouvernement a depuis plusieurs années au Japon voulu faire croire à un outil de culte civil dégagé de toute idée religieuse. (…) En Corée, ces embarras ne font que commencer et se multiplieront à mesure que les Japonais travailleront davantage à l’assimilation du peuple coréen par les écoles. (…) A Séoul, un temple shintoïste, le Chosen Shrine, comme l’appellent les Japonais, a été dédié le 15 octobre dernier aux esprits d’Amaterasu et de l’empereur Meiji. Pour l’inauguration de ce temple, de grandes fêtes ont été célébrées qui ont duré 6 jours. Il était impossible aux catholiques de s’y présenter. Il est à souhaiter que les Japonais ne voient pas dans cette abstention un manque de loyalisme de la part des chrétiens ».
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