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Le P. Roulland (MEP) et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus : une union par la vocation missionnaire

Publié le 18/05/2026

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Le P. Roulland et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus : une union par la vocation missionnaire

 

(Article issu de l’exposition MEP, en partenariat avec l’Unesco, dédiée à Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus du 18 janvier au 8 avril 2023 : « Thérèse, femme, intellectuelle, chercheuse de sens »)

 

1. Le P. Roulland 

Le P. Adolphe Roulland (1870-1934) est ordonné prêtre aux Missions étrangères de Paris (MEP) le 28 juin 1896 et part le 29 juillet en direction de la Chine, au Sichuan, qui sera son champ de mission jusqu’en 1909. Il est nommé vicaire à « Yeou-yang » en 1897, avant de prendre la tête du district de « Leang-chan » l’année suivante, puis d’être affecté au Petit Séminaire de « Tien-che » pour un intérim en 1899 et au Grand Séminaire de « Cha-pui-pa » entre 1899 et 1902. Il est nommé curé de « Ma-pao-tchang » en 1902 où il reste durant sept ans et reconstruit sa résidence ainsi que des écoles de garçons et de filles qu’il construit dans le 15 à 20 stations de son district. Il est rappelé en France en 1909 pour être procureur puis économe du Séminaire jusqu’en 1919 (il sera mobilisé puis reformé en 1914). En 1921, il prend la direction du Noviciat des Frères, à Dormans (Marne) tout en étant chapelain de la chapelle de la Reconnaissance. Il meurt de maladie le 12 juin 1934.

Sa vie de missionnaire en Chine est marquée par une correspondance intime et spirituelle avec celle qui sera nommée plus tard « Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ». Dans la volonté « d’assurer à son futur apostolat une fécondité doublée » il fit demander à la Rév. Mère Marie de Gonzague, alors Prieure du Carmel de Lisieux, d’associer une de ses religieuses à son prochain ministère. La réponse fut positive : ce fut soeur Thérèse de l’Enfant-Jésus. « Mais il ne se prévaudra jamais de cette amitié spirituelle, comme il ne parlera jamais des grâces et faveurs particulières obtenues par l’intercession de celle qui l’appelait son frère ».

P. Adolphe Roulland, Chine, Bt 86c © Collection MEP, IRFA Iconothèque

2.  Thérèse et les Missions Etrangères de Paris : “Je voudrais être missionnaire” 

Le 14 décembre 1927, le pape Pie XII proclame sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus patronne des missions, à l’égal de saint François-Xavier. Quel lien peut être établi entre la jeune carmélite cloîtrée à Lisieux et les pères envoyés comme missionnaires à l’autre bout du globe ?

Présents en Asie depuis 1663, les pères des MEP ont largement contribué à l’installation de congrégations religieuses dans leurs pays de mission. C’est ainsi par la volonté de Mgr Lefebvre, appuyé par sa cousine sœur Philomène de l’Immaculée-Conception, carmélite à Lisieux, que le carmel de Saigon voit le jour en 1861. De ce même carmel naît celui de Hanoi en 1895, sous l’impulsion conjointe de Mgr Depierre, devenu vicaire apostolique de Cochinchine occidentale et de Mgr Gendreau, vicaire apostolique du Tonkin occidental.

En juin 1896, sœur Thérèse fait la connaissance du P. Adolphe Roulland, originaire du diocèse de Bayeux-Lisieux, qui s’apprête à partir pour la Chine comme missionnaire MEP. Le P. Roulland avait obtenu de la prieure du carmel de Lisieux, Mère Marie de Gonzague, qu’une religieuse fût associée spirituellement à son ministère : tous deux entament alors une riche correspondance, Thérèse se désignant comme “la petite sœur d’un missionnaire”.

 

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

 

3. Saint Théophane Vénard, « l’angélique martyr” de soeur Thérèse de l’Enfant-Jésus

Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus découvre la vie du missionnaire MEP Théophane Vénard (1829-1861) en novembre 1896. Martyrisé par décapitation au Vietnam après moins de 10 ans de mission, le P. Vénard avait marqué ses contemporains par ses lettres d’un style élégant témoignant d’un grand désir du martyre.

Comme elle le raconte dans une lettre adressée au P. Roulland le 19 mars 1897, Thérèse est à son tour très frappée par cette destinée missionnaire, d’autant que Théophane Vénard avait été déclaré Vénérable par l’Église quelques années auparavant, en 1879. Elle lui rédige un poème, intitulé “À Théophane Vénard”,  dont elle envoie un extrait au P. Roulland : Thérèse y exprime son souhait de devenir à la suite de Théophane cette « fleur printanière que le Seigneur voudrait bientôt cueillir ». C’est à lui que Thérèse confie également son départ potentiel pour le carmel de Hanoi, ville de son exécution. Les sœurs du carmel prient une neuvaine à Théophane Vénard pour lui confier ce projet, mais la fin de la neuvaine correspond avec une aggravation de la santé de Thérèse, signifiant qu’elle doit rester à Lisieux.

Le 6 septembre 1897, Thérèse reçoit en cadeau une relique de Théophane Vénard, empruntée aux sœurs de l’Immaculée Conception, qu’elle garde près d’elle jusqu’à sa mort.

 

4. Histoire d’une âme : un best-seller asiatique ?

Un an après la mort de Thérèse,  le 21 octobre 1898, ses manuscrits autobiographiques sont publiés sous le titre d’Histoire d’une âme. L’ouvrage connaît aussitôt un écho important aux MEP : comptent parmi les premières réactions à cette publication celles des PP. Villeneuve et Marmonier, qui en demandent d’autres exemplaires au carmel.

Pétrus Marmonier est encore au séminaire lorsqu’il découvre celle qu’il appellera  sa « petite sœur au ciel » dans sa correspondance au P. Bousquet dès 1899. Envoyés au Japon, tous deux participent activement à la diffusion d’Histoire d’une âme et publient en 1911 sa traduction japonaise, faite par leurs soins. Dans les années 1920, le P. Bousquet est toujours à l’œuvre à Osaka pour faire connaître sainte Thérèse en publiant plusieurs brochures japonaises à son sujet : en 1931, il lui dédie une église à Nishinomiya.

De façon plus générale, grâce à leur réseau d’imprimeries en langue asiatique, dont la plus importante est celle de Nazareth à Hong Kong, les pères des Missions Étrangères sont aux premières loges pour traduire et diffuser les écrits de sainte Thérèse et les livres parus à son propos.

 

5. Un siècle de dévotions thérésiennes en Asie

La béatification de Thérèse en 1923, suivie de sa canonisation en 1925, suscite un élan de dévotion en France et dans le monde. Sous l’action des pères missionnaires, ce sont alors des églises, paroisses et missions entières qui sont mises sous sa protection, et les statues de la petite sainte viennent rapidement prendre leur place dans ces chrétientés d’Asie.

Les Missions participent activement à la construction du culte à Sainte Thérèse. Avec cette sélection de photos et manuscrits datant d’avant 1940, l’IRFA souhaite illustrer le dynamisme de cet élan thérésien qui atteint les lieux les plus reculés et perdure dans le temps.

 

Chapelle carmélite Sainte Thérèse pour le Triduum, Saigon, Bt 18 © Collection MEP, IRFA Iconothèque

 

Chrétiens et reliques de St Thérèse, Cambodge, Bt 11 © Collection MEP, IRFA Iconothèque

 

Les soeurs posent près de la Petite Saintet Thérèse à Kalimpong, Inde, Sikkim, Bt 12 © Collection MEP, IRFA Iconothèque

 

 

 

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